Quelle formule pour le baptême ?

Qui n’a jamais assisté à un baptême catholique ou protestant où comme une formule magique, le curé ou le pasteur ne disent : « par la confession de ta foi, je te baptise au Nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit » ?

Mais d’où vient cette tradition allez-vous me dire ? De la Bible ?

Bien sûr de la Bible, nous trouvons dans Matthieu 28 : 19-20, cette ordonnance (une loi ?) du Seigneur Yeshua (Jésus) qu’il donne à ses 11 disciples (Juda est mort à ce moment de l’histoire) juste avant de partir :

(LSG) 19 Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, 20 et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde.
(Semeur) 19 allez donc dans le monde entier, faites des disciples parmi tous les peuples, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit 20 et apprenez-leur à obéir à tout ce que je vous ai prescrit. Et voici : je suis moi-même avec vous chaque jour, jusqu'à la fin du monde.

(Martin) 19 Allez donc, et enseignez toutes les nations, les baptisant au Nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit; 20 Et les enseignant de garder tout ce que je vous ai commandé. Et voici, je suis toujours avec vous jusques à la fin du monde. Amen.

(Darby) 19 Allez donc, et faites disciples toutes les nations, les baptisant pour le nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, 20 leur enseignant à garder toutes les choses que je vous ai commandées. Et voici, moi je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la consommation du siècle.

Que vous faut-il de plus ? Les preuves sont assez claires ?

Il y a pourtant des interrogations. Pourquoi, dans la Bible, il est fait mention du baptême dans la trinité uniquement dans ce verset de Matthieu 28 ? Les disciples désobéissent-ils à leur maître en baptisant uniquement dans le Nom de Yeshua ?

Actes 2 : 38
Et Pierre leur dit : Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour la rémission de ses péchés; et vous recevrez le don du Saint-Esprit.

Actes 8 : 16
Car il n'était encore descendu sur aucun d'eux ; mais ils avaient été seulement baptisés au nom du Seigneur Jésus.

Actes 10 : 48
Et il commanda qu'on les baptisât au nom du Seigneur. Alors ils le prièrent de demeurer quelques jours avec eux.

Actes 19 : 5
Ce qu'ayant entendu, ils furent baptisés au nom du Seigneur Jésus.

Romains 6 : 3
« Ignorez-vous que nous tous qui avons été baptisés en Jésus-Christ, c´est en sa mort que nous avons été baptisés ? »

Aucun apôtre n’a cité une seule fois lors du baptême cette phrase “au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit” quand il baptisait les nouveaux convertis.

Etrange n’est-ce pas ?

Il serait intéressant de rechercher dans l’histoire, les différentes versions en grecques ou latines (voire hébraïques) de ce passage.

Pour commencer, voici ce que l’ex-pape Benoit XVI révèle dans son livre « Introduction to Christianity » pages 31

« La base de la profession de foi  dans le cadre de la cérémonie du baptême (Matthew 28 : 19 trinitaire) a pris forme au cours des deuxième et troisième siècles. Pour ce qui est le lieu d'origine du texte de (Matthew 28: 19) est venu de la ville de Rome. »

Un autre exemple flagrant de manipulation du texte vient de l’auteur Jérôme, l’un des quatre pères de l’Eglise latine (347-420). Il est en contact direct avec le pape Damase 1er de qui, il est même, pendant un temps, le secrétaire et traducteur occasionnel. Il parle grec et latin.

Il écrit une lettre au pape Damase vers 380 pour se plaindre des erreurs et des falsifications dans les évangiles. A son époque, il a encore surement des textes « originaux » venant encore de disciples de disciples des apôtres.

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AU PAPE DAMASE, SUR LA RÉVISION DU TEXTE DES QUATRE ÉVANGILES.
« Vous voulez qu'avec les matériaux d'un ancien ouvrage j'en refasse un nouveau; que je me pose comme arbitre dans l'examen des textes de l'Écriture répandus dans le monde ; vous voulez, en un mot, que j'explique les variantes qu'on y trouve, et que je signale ses passages concordants avec la version grecque la plus authentique. C'est une pieuse entreprise, mais une présomption dangereuse que de s'établir juge des autres, quand soi-même on doit avoir pour juge l'opinion générale ; que de prétendre changer la langue des vieillards, ramener le monde, déjà vieux, au bégaiement de l'enfance. En effet, quel est l'homme de nos jours, savant ou non savant, qui, se décidant à prendre en main notre ouvrage, et voyant discréditer le texte dont il se sert habituellement et dans lequel il a appris à lire, ne se récrie aussitôt, et ne me traite de faussaire, de sacrilège, dont l'audace impie n'a point reculé devant des additions, des changements et des corrections à des textes consacrés par le temps ?
« Contre de semblables reproches une double consolation m'est offerte ; la première, c'est que cette mission m'a été confiée par vous ; la seconde, c'est que, d'après le témoignage même de ceux qui nous attaquent, il ne pourrait y avoir de vérité complète dans les ouvrages où on ne peut signaler des variantes. En effet, si nos adversaires pensent que les exemplaires latins sont dignes de confiance, qu'ils désignent lesquels ; car il existe presque autant d'originaux que d'exemplaires. S'ils pensent, au contraire, que la vérité ne saurait être découverte que par la comparaison des différents textes, pourquoi trouvent-ils mauvais que j'aie la prétention de corriger, tout en remontant aux sources grecques, les parties du texte qui ont été ou mal comprises par des interprètes ignorants, ou tronquées, dans de mauvaises intentions, par des correcteurs inhabiles et présomptueux, ou surchargées d'additions et altérées par de paresseux copistes ?
« Ma polémique ne touche en rien l'Ancien Testament traduit en grec par les Septante, et qui ne nous est arrivé qu'après trois traductions successives. Je ne veux point chercher en quoi Symmaque et Aquila ont fait preuve de discernement, pourquoi Théodotien a cru devoir prendre un terme moyen entre les nouveaux et les anciens interprètes. Ainsi, tenons pour authentique la version qui a pour elle le témoignage des apôtres.
« J'aborde maintenant le Nouveau Testament qui a été écrit tout entier en grec, à l'exception de l'évangile selon saint Mathieu, qui se servit de la langue hébraïque pour répandre en Judée la parole de Jésus-Christ. Or, comme dans notre idiome cet évangile est rempli d'incontestables variantes résultant de la variété des sources auxquelles on a puisé pour le composer, il nous a semblé convenable de remonter à une seule et même source. Je ne veux point recourir aux versions employées par Lucianus et Hesycllius et que quelques hommes ont prises pour texte de leurs querelles impies. Il ne m'a point convenu de revoir ces versions dans leur ancien idiome, après la traduction des Septante.
« Si je l'ai fait pour les exemplaires écrits dans notre langue, je dois avouer que je n'en ai retiré aucune utilité ; en conséquence, je ne m'engage ici qu'à l'examen des quatre évangiles, dont voici l'ordre nominal : saint Mathieu, saint Marc, saint Luc et saint Jean ; je ne prétends me servir que de la collection épurée des anciens textes grecs. D'ailleurs, afin que notre travail ne s'écartât pas trop de la teneur des exemplaires latins, nous n'avons corrigé que les passages qui nous ont paru s'écarter du véritable sens, laissant les autres tels que nous les avons reçus de la rédaction primitive ».

Nous verrons plus tard la version en hébreu de Matthieu appelé entre autres « Shem tov ».

Jérôme traduit et continue l’œuvre d’Eusèbe (265-339), et celui-ci écrit dans son livre III, chapitre 5, 6(a) que la source originale (les religieux du 3ème et 4ème siècle avaient encore accès aux écrits originaux) du verset 19 de Matthieu 28 doit se lire :

Néron avait régné treize ans [54-68] ; ses successeurs Galba et Othon, seulement dix-huit mois pour les deux [68-69]. Vespasien devenu célèbre par ses combats contre les Juifs fut proclamé empereur en Judée même, par les armées qui s'y trouvaient. Il se mit aussitôt en route pour Rome, laissant à Titus son fils le soin de continuer la lutte. Après l'ascension de notre Sauveur, les Juifs non contents de l'avoir fait périr, dressèrent aux apôtres des embûches sans nombre ; d'abord, Etienne fut lapidé; ensuite, Jacques, fils de Zébédée et frère de Jean, décapité ; puis surtout, Jacques, qui avait obtenu le premier après l'ascension de notre Sauveur le siège épiscopal de Jérusalem, fut mis à mort de la manière qui a été racontée. Le reste des apôtres fut aussi l'objet de mille machinations dans le but de les mettre à mort. Chassés de la Judée, ils entreprirent d'aller dans toutes les nations, pour enseigner et prêcher avec la puissance du Christ qui leur avait dit : « Allez enseignez toutes les nations en mon nom. » Le peuple de l'Église de Jérusalem reçut, grâce à une prophétie qui avait été révélée aux hommes notables qui s'y trouvaient, l'avertissement de quitter la ville avant la guerre et d'aller habiter une certaine ville de Pérée que l'on nomme Pella. C'est là que se retirèrent les fidèles du Christ sortis de Jérusalem.

Eusèbe, dans tous ses ouvrages ne cite jamais le verset 19 que l’on trouve aujourd’hui dans nos Bibles, mais : « Allez, enseignez toutes les nations en mon nom ».

Selon Conybeare en 1902, Eusèbe cite le texte de Matthieu à plusieurs reprises entre 300 et 336 :

Après avoir fait des recherches j'ai trouvé  dix-huit citations de Matthieu 28:19  et toujours sous la forme suivante : « Allez, faites de toutes les nations des disciples et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit ». Il est évident que ceci était le texte trouvé par Eusèbe dans les très anciens codex collectés entre l'an 50 et 150 avant sa naissance par ses prédécesseurs. L'autre forme n'a pas été connue avant sa visite à Constantinople quand il en a été témoin au concile de Nicée.

L’Encyclopédie de l’éthique sur la religion donne son avis sur ce passage également :

Dans toutes les versions existantes ce texte est selon la croyance de la doctrine trinitaire mais il serait bon de savoir que les meilleurs manuscrits que ce soit du vieux latin ou de la version syriaque ce passage est absent. Dans tous les plus vieux manuscrits les pages qui contiennent la fin du chapitre de Matthieu comme nous le voyons aujourd'hui est absent.

La version hébraïque « Shem tov » (Matthieu) a été gardé par les juifs pendant des siècles. Epiphane de Salamine en fait mention dans ses écrits, Jérôme également quand il écrit à Augustin :

« Matthieu, également appelé Lévi, apôtre et ancien publicain, a composé un évangile de Jésus-Christ dans un premier temps publié en Judée, en hébreu pour le bien de ceux de la circoncision qui croyaient, mais fut ensuite traduit en grec dont l'auteur est incertain. L'hébreu lui-même a été conservé jusqu'à nos jours à la bibliothèque de Césarée, dont le Pamphlet est recueilli avec tant de diligence. J'ai également eu l'occasion d'avoir le volume qui m'a été décrit par les Nazaréens de Bérée, une ville de la Syrie, qui l'utilisent. En cela, il est à noter que, partout où l'évangéliste, que ce soit sur son propre compte ou en la personne de notre Seigneur, le Sauveur cite le témoignage de l'Ancien Testament, il ne suit pas l'autorité des traducteurs de la Septante, mais l'hébreu. (...) »

Les versets 18-20 de la version « Shem tov » nous donne cette traduction en français :

18 Et Yeshua, s'approchant, leur parla et leur dit : Toute puissance m'a été donnée dans le ciel et sur la terre ;
19 Allez
20 et gardez vivantes toutes les paroles que (je) vous ai décrété, (en) témoignage (pour) le monde

Il est indéniable, qu’à l’inverse des copistes du TaNaKH qui ne voulait pas toucher le texte sacré, les copistes du Nouveau Testament ne se sont pas gênés pour faire des modifications, les aidant bien entendu à faire passer des pratiques idolâtres dans leur culte : cf. conciles de Nicée et autres appuyant par exemple la virginité de Marie, la personne du Saint-Esprit, le culte aux saints, la toute-puissance de l’Eglise catholique romaine, les saints sacrements…

Si le Saint-Esprit était une personne, Paul n’en parle jamais dans l’introduction de ces lettres. Il se présente toujours par la volonté de Dieu étant apôtre de Jésus-Christ. (cf : Galates 1 : 1, 1 Corinthiens 1 : 1, Ephésiens 1 : 1, 1 Thessaloniciens 1 : 1…). Ce qui n’empêche pas qu’il soit rempli du Saint-Esprit, ex : Actes 13 : 9.

 

Quelques preuves supplémentaires :

DICTIONNAIRE BIBLIQUE DE HASTINGS -

« Il faut admettre que la formule trinitaire de Matthieu 28 :19 n’a pas été utilisée par l’église primitive, mais plutôt le nom de Jésus. » Page83.

ENCYCLOPEDIE DE RELIGION DE CANNEY -

« L’Eglise primitive a toujours baptisé au nom du Seigneur Jésus jusqu’à ce que la doctrine de la trinité aie été développée au deuxième siècle. » Page 53.

DICTIONNAIRE BIBLIQUE DE HASTINGS -

« Le baptême chrétien a été administré utilisant les mots, « Au nom de Jésus ». Volume 2, Page 377.

« L’usage de la formule trinitaire ne se trouve pas dans l’histoire de l’église primitive ». Volume 2, Page 378: « ‘Nom’ dans les temps anciens, était un synonyme pour ‘personne’. Un paiement était toujours fait au nom d’une personne, faisant référence de propriété. Ainsi, quelqu’un qui a été baptisé au nom de Jésus est devenu la propriété de Jésus. ‘Vous êtes de Christ’. » Vol. 2, Page 377, parlant de Actes2 :38.

ENCYCLOPEDIE CATHOLIQUE -

« Justin Martyr était un père originaire de l’Eglise Catholique Romaine. » Vol. 8. « Les Catholiques admettent que le baptême a été changé par l’Eglise Catholique. » Volume 2, Page 263.

NOUVELLE ENCYCLOPEDIE INTERNATIONALE -

« Le terme ‘trinité’ a été institué par Tertullian, un père de l’Eglise Catholique. » Vol 22, Page 477

En quoi ceci est un problème hormis le fait que nos Bibles ne nous retournent pas les paroles de notre Messie et Sauveur Yeshua ?

Le problème vient encore et toujours que le monde chrétien de Constantin veut se différencier d’Israël jusqu’à se promouvoir à cette place à la place de. Le changement du samedi (shabat) en dimanche, l’échange des fêtes de l’Eternel par des fêtes d’origines païennes, et la volonté de retirer l’unicité de Dieu.

Deutéronome 6 : 4 révèle que YeHoVaH est EHAD, il est UN. Cela veut-il dire qu’il n’y a pas de place pour Yeshua dans cette unicité ? Non, au contraire et cela nous emmène à comprendre encore mieux le rôle et la place de Yeshua dans cette famille divine.

Le meilleur exemple pour comprendre qui est Yeshua est de lire en parallèle Genèse 1, Jean 1 et Hébreux 1. « Au commencement » Dieu créa, « au commencement » était la Parole, « que tous les anges de Dieu l’adorent ».

Jean 4 : 24 « Dieu est esprit, et il faut que ceux qui l’adorent, l’adorent en esprit et en vérité. »

Pensez-vous que nous pouvons comparer Dieu à un homme ? Et imaginer un Père et son Fils dans le ciel côte à côte ?

La Parole est la première « création » de la Genèse. Elohim est seul et « parle » pour créer l’univers : « Dieu dit ». Jean indique qu’« au commencement était la Parole, la Parole était avec Dieu et la Parole était Dieu. Elle était au commencement avec Dieu. Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle. »

Jean 1 : 18  Personne n’a jamais vu Dieu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, est celui qui l’a fait connaître.

Il n’est pas fait mention de la personne du Saint-Esprit et de plus Jean appuie la Parole de Yeshua qui dit qu’il est le chemin, il est la porte qui mène au Père.

Jean 10 : 30 Moi et le Père nous sommes un.

Jean confirme par ce verset, la similitude entre Deutéronome 6 : 4.

 

L’étude s’arrête là pour le moment, mais elle permet au moins à chacun de se poser les bonnes questions sur sa volonté profonde d’obéir à la Parole de Dieu ou sa volonté comme les autruches de se dire que cela va demander des efforts et que Dieu est bon et grand et qu’il ne nous tiendra pas rigueur que nous ne faisons pas comme il le souhaite…

“Que celui qui a des oreilles pour entendre entende”

 

Sources :

http://timotheeminard.com/quelles-traductions-francaises-de-la-bible-faut-il-preferer/

http://www.forum-religion.org/oecumenisme/matthieu-28-19-t30920.html

http://antitrinitaire.les-forums.com/topic/24/matthieu-28-19-la-formulation-du-bapteme/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Trinit%C3%A9_(christianisme)

https://fr.wikipedia.org/wiki/J%C3%A9r%C3%B4me_de_Stridon

https://fr.scribd.com/document/10773474/Introducao-Ao-Cristianismo-Joseph-Ratzinger#from_embed

https://fr.wikipedia.org/wiki/Eus%C3%A8be_de_C%C3%A9sar%C3%A9e

http://jesus-messiah.com/apologetics/catholic/matthew2819.html

http://livredemattityahoutemoignagedeyeshoua.blogspot.com/

 

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